Au delà de la musique, je m'intéresse aussi à la facture des instruments. En effet, lorsque l’on joue de ces instruments à anches il est difficile de trouver ce que l'on cherche dans le commerce. Il faut aller à la rencontre de luthiers et de facteurs d'anches passionnés par ces instruments. C'est pourquoi je tiens à remercier Daniel Coudignac, Youenn Bihan, Hervieux & Glet, Gilles Léhart, Daniel Le Noan, Daniel Gloaguen, Stéphane Morvan, Jos & Yves-Marie Landrein... pour leur travail. Ils m’ont permis d'avancer sur différents points dans la recherche et le perfectionnement de mes instruments

La bombarde :

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Instrument de musique traditionnel breton, de la famille des hautbois à anche double. Elle a la spécificité d'avoir un son puissant qui permet de jouer en plein air. Elle est arrivée en Europe à l’époque des croisades (XIIème siècle) sous une forme primitive qui a évolué jusqu’à l’instrument que l’on connaît aujourd’hui. Généralement en ébène ou en buis, elle peut-être ornementée de bagues en corne, en ivoire ou en étain. La lutherie bretonne moderne n’a cessé de faire évoluer cet instrument. Le XXème siècle a vu l’échelle évoluer de modes non tempérés vers des échelles tempérées modernes. L’adjonction de clefs permet dorénavant l’utilisation de nombreux chromatismes. La bombarde est traditionnellement accompagnée du biniou.

 

 

 

Le biniou :

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La cornemuse bretonne est composée dans sa forme première d'un levriad (chalumeau) où le sonneur joue la mélodie, d'un korn-boud (bourdon), basse qui tient la tonique en son continu, et d'un sutel (porte-vent) pour souffler dans la poche que le sonneur maintient sous son bras. Ces différentes parties sont maintenues par des souches sur la poche. Le son de la mélodie est émis par une anche double et celui du bourdon par une anche simple, généralement en roseau. Le biniou est surement la cornemuse la plus aiguë au monde. Il sonne sur l’octave supérieure de la bombarde.

 

 

Uilleann pipes :

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C'est la cornemuse irlandaise. Uilleann signifie coude en langue gaélique. L’instrumentiste actionne un soufflet qu’il maintient sous le coude et qui permet de gonfler la poche maintenue sous l'autre bras. C'est une des cornemuses les plus complètes. En plus du chanter (chalumeau) sur lequel le musicien joue la mélodie, il y a les bourdons (basse, baryton et ténor) qui sonnent continument (accordés sur la tonique) et qu'on actionne à l'aide d'une clef. La spécificité majeure dans l'organologie de cette cornemuse repose sur les régulateurs. Ce sont trois petits chanters munis de clés qui permettent au musicien d'effectuer un accompagnement harmonique en les actionnant à l'aide du poignet. La forme actuelle du uilleann pipes date du XIXème siècle. L'instrument entier est appelé full set ou concert pitch (en ré) et flat set pour les instruments de tonalités plus graves (do, sib).

 

 

Low whistles :

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C'est une flûte à bec une octave plus basse que les tin whistles. La flûte qu'on appelle irlandaise est courante en Bretagne, les sonneurs du débuts du siècle dernier en possédaient, ils la dénommaient « fleut ». On en joue souvent en complément pour apprendre la bombarde. Le low whistle est né dans les années 1970 sous les mains du luthier anglais Bernard Overton à la demande du célèbre piper irlandais Finbar Furey. C'est la naissance d'un nouvel instrument et d'un son chaleureux qui est souvent utilisé par les pipers en alternance au uilleann pipes.